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FinOps SaaS, par où commencer

Un budget SaaS moderne contient en moyenne 30 % de gaspillage. La majorité de ce gaspillage est trivial à identifier — encore faut-il regarder dans le bon ordre.

Par L’équipe Kabeen·13 min de lecture·Mis à jour le 15 mai 2026

Le SaaS est devenu le poste budgétaire le moins piloté

La discipline FinOps est née sur le cloud d’infrastructure (AWS, Azure, GCP) où chaque heure de CPU se mesure. Elle s’est invitée plus tardivement sur le SaaS — alors même que le SaaS représente, dans la plupart des ETI, un budget supérieur à l’infrastructure cloud. Résultat : le poste budgétaire qui croît le plus vite est aussi celui qui dispose des outils de pilotage les plus rudimentaires.

30 %
Part du budget SaaS gaspillée en moyenne (licences non utilisées, doublons, renouvellements automatiques).
Productiv, State of SaaS 2024
52 %
Licences SaaS payées qui ne sont pas utilisées dans les 90 jours.
Zylo, SaaS Management Index 2024
× 2,4
Croissance du budget SaaS d’une ETI française entre 2020 et 2024.
Estimation Kabeen, panel ETI

La conjonction de ces trois chiffres dessine une cible : sur un budget SaaS qui a plus que doublé en quatre ans, près d’un tiers est gaspillé. La bonne nouvelle, c’est que ce tiers se réduit en regardant les bons indicateurs — pas en lançant des négociations frontales.

Anatomie d’un budget SaaS qui dérape

42 %23 %18 %11 %6 %
Licences inactives
Doublons fonctionnels
Sur-tier (plan trop élevé)
Renouvellements auto
Renégociation possible
Fig. 9.1Décomposition typique du gaspillage SaaS dans une ETI. Trois quarts du gaspillage se résorbent sans renégociation.

Le graphique inverse l’intuition courante. La renégociation représente moins de 10 % du gisement de gaspillage typique. Les 80 % restants se logent dans des sujets opérationnels — licences inactives, doublons, plans trop élevés — qui ne nécessitent aucun bras de fer avec un fournisseur. C’est précisément pour cela que beaucoup de démarches FinOps SaaS échouent : elles commencent par le bout dur (renégocier) et négligent les 80 % faciles.

Cinq leviers, dans l’ordre

Une démarche FinOps SaaS qui fonctionne suit cet enchaînement. Inverser l’ordre, c’est multiplier l’effort par deux pour un gain moindre.

01

Récupérer les licences dormantes

Toute licence sans activité > 60 jours est candidate à la suppression. Gain immédiat, effort minimal.

02

Identifier les doublons fonctionnels

Cartographier les outils qui couvrent la même fonction. Un seul survit, les autres sortent.

03

Ajuster les plans tarifaires

Beaucoup d’abonnements sont sur des paliers supérieurs au besoin. Audit annuel par utilisateur.

04

Reprendre les renouvellements automatiques

Bloquer le renouvellement par défaut. Imposer une décision active à chaque échéance.

05

Renégocier les gros contrats

Seulement après les quatre étapes précédentes. Levier le plus visible, mais marginal en gain.

Fig. 9.2Les cinq leviers FinOps SaaS, dans l’ordre d’impact décroissant et d’effort croissant.

Sur un panel d’une vingtaine d’ETI accompagnées, les quatre premiers leviers — appliqués dans cet ordre — produisent en six mois 80 % du gain total qu’une démarche FinOps SaaS peut espérer. Le cinquième levier (la renégociation) reste utile, mais il intervient quand les précédents ont libéré la marge de manœuvre.

Le rôle du ITAM dans la démarche

Le SaaS Management n’est pas une catégorie d’outils à part — c’est la version moderne de l’ITAM (IT Asset Management). Les principes fondamentaux restent les mêmes : visibilité sur le parc, suivi des coûts, gestion du cycle de vie. La différence tient au rythme — un parc SaaS bouge dix fois plus vite qu’un parc on-premise — et donc à l’outillage requis. Toute démarche FinOps SaaS sérieuse repose sur un ITAM moderne, capable de croiser inventaire, usage, contrats et coûts.

Ce qu’il faut retenir

  • Près d’un tiers d’un budget SaaS est gaspillé. La majeure partie se résorbe sans toucher aux contrats.
  • Commencez par les usages, finissez par la renégociation. L’ordre inverse est l’erreur la plus fréquente — et la plus coûteuse en énergie pour un gain limité.
  • Le FinOps SaaS n’est pas un projet — c’est la couche pilotage de votre ITAM moderne. Sans inventaire vivant, aucune des cinq étapes n’est tenable.